Accueil Non classé Pause Thé…âtre dans la Cité des planches !

Pause Thé…âtre dans la Cité des planches !

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Avignon. Effervescence créative. Des mots qui volent, se cognent. S’échappent, se captent…Piques et répliques qui fusent au coin de chaque rue. Comment ne pas saisir la fièvre du Festival d’Avignon pour partager, moi aussi, ma lecture de ces pièces. Des textes sur les textes, pour dire mon amour des planches, clamer mes coups de cœurs, oser mes doutes d’étudiante sur les mises en scène de femmes et d’hommes pétris de talent. L’audace de vivre à 100 % la parenthèse enchantée de ce juillet hors du temps dans la Cité des pape

Thyestes de Thomas Joly : Bon appétit mes petits !

Plateau vide. Ou presque. Seule une main et une tête aux dimensions démesurées fixent les spectateurs. Fil morbide du destin ou rappel de la filiation avec Tantale ?

Tête d’affiche du festival In, Thyestes est une pièce antique de Sénèque qui raconte la vengeance cruelle d’un homme sur son frère. Projet ambitieux, tant par la difficulté du texte que par les thèmes abordés par l’auteur – cannibalisme, vengeance et mort forment le triptyque dramatique -, la pièce de Thomas Joly propose une mise en scène brillante et particulièrement réussie. Avec ses danseurs macabres tout droit revenus des enfers et son Tantale recouvert de feuilles d’or, le jeune metteur en scène nous bouscule. Et l’angoisse ne fait que monter crescendo. Tout y est : le frère – ce salaud – qui pique la femme d’Atrée. Ce dernier qui mijote sa vengeance à petit feu… Feu dans lequel il cuira ses neveux et qu’il servira à son frère lors d’un pseudo repas de réconciliation. Bon appétit !

Comme dans ses précédents travaux, Thomas Joly soigne les lumières et s’appuie sur la cour d’honneur du Palais des papes pour donner encore davantage de solennité à l’horreur. Sans conteste, c’est un de mes coups de cœur du festival. A voir absolument.

Pour retrouver toutes les dates du spectacle : http://www.lapiccolafamilia.fr/tourneethyeste/

 

Joueurs, Mao II, les Noms de Julien Gosselin : dix heures en scène !

15h00-01h00. Non-stop. Dix heures en scène, j’ai des frissons ! C’est à ce marathon théâtral un peu particulier que nous invitait Julien Gosselin. Un long voyage dans l’œuvre de Don Delillo, auteur américain du XXe. Dix heures sans véritable entracte. Pari relevé ! La pièce invite le spectateur à saisir la poétique des mots, mais l’autorise aussi à sortir à n’importe quel moment, quitte à perdre une partie du texte et du sens. Comment vous dire… J’étais un brin inquiète avant d’entrer dans la salle. Une pièce, si longue, c’était une première. La peur de l’ennui, de l’évasion spirituelle, voire – ô sacrilège – de l’endormissement. Et bien non ! (Quelle fierté…) En fait, le temps passe aussi vite que devant une bonne Série TV qui nous accroche au point de nous imposer une nuit sans sommeil. Ici, on se passionne pour ces personnages qui se succèdent : banquiers à la bourse de New York, Maoïstes convertis ou convaincus et adeptes de sectes étranges. Julien Gosselin nous transporte à travers des histoires un peu folles et frustre son spectateur, masquant le jeu direct des comédiens derrière une palissade sur laquelle il projette cette même scène. Comment ne pas être transportée dans ces trois histoires (Joueurs, Mao II, les Noms) ? Comment vous exprimer ce sentiment bizarre qui vous étreint au bout de quelques heures : le sentiment d’appartenir véritablement à la salle de théâtre. Mon regard m’a semblé devenir acteur de ce qui se jouait devant moi. Le tout donne un spectacle sublime, où l’esthétique majestueuse rivalise avec la poétique grandiose de Don Delillo. 

Pour retrouver toutes les dates du spectacle: https://www.telerama.fr/scenes/ou-voir-les-meilleurs-spectacles-du-festival-davignon-2018%2C-a-paris-et-en-regions%2Cn5742164.php

 

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